René Girard : « C'est une victoire et c'était l'essentiel avant un périple difficile. Je regrette la fin du match. On se met en danger et une pression inutile. Le penalty était un peu sévère. On manque encore un peu de maturité sur les fins de match. On est leader (ndlr: deuxième, devancé par Lyon au goal-average), on ne peut pas faire mieux mais il faut rester sérieux. Cette victoire est importante parce qu'obtenue face à une grosse cylindrée du championnat. On a entamé difficilement le match et mis la machine en route ensuite. On aurait pu le tuer plus rapidement. Ensuite, je suis content que Camara, qui rentre, marque. C'est un collectif aussi qui répond présent. Il faut continuer à s'accrocher. Je connais des gens qui ne sont pas modestes. Moi, on dit que je le suis trop mais je jubile quand je vois mes garçons et les gens du club heureux. Il y a des gens qui parlent pour nous, ce n'est pas un souci. Ne commençons pas à regarder le classement, on le fera à la dernière journée. Je ne fais pas du Guy Roux ce n'est pas mon genre mais on a la moitié des points du maintien et on ne s'y attendait pas à ce moment du championnat. Mais il y a encore pas mal de journées. Ce qui est intéressant c'est qu'on peut travailler dans la tranquillité, on s'est fait un petit matelas douillet. Il ne faut pas s'endormir dessus. Le président est content, il prend son pied je crois. Les olé qu'on a entendus sont plus du domaine de la corrida à Nîmes, cela me gênait un peu. Il ne faut pas s'enflammer.
Alain Perrin : « Deux matches gagnés, on ne peut pas dire que c'est une série. Ce soir, c'est un match qui est un bon révélateur, d'insuffisances. Beaucoup d'équipes et de joueurs peuvent faire un super match avec de la motivation comme ce fut le cas devant Bordeaux. Mais avoir un niveau de jeu, c'est de la régularité. On s'est mis à la faute, il y a eu trop d'insuffisances techniques et tactiques. On a senti une plus grande motivation chez les Montpelliérains. On a bien vu qu'il y avait davantage de conviction dans leur jeu. Cela s'est traduit par des approximations. Les joueurs de cette équipe sont de L1, ce sont de bons joueurs et ils ont ce supplément d'âme qu'il faut pour aller chercher des résultats. Il nous a manqué beaucoup de choses pour ramener un résultat. Les blessés, l'expulsion, c'est un scénario qu'on connaît quand tout va mal. Dabo et Monsoreau souffrent de déchirures musculaires. Ce sont des joueurs qui revenaient comme titulaires. Il y a aussi certainement des raisons psychologiques à cette série noire. On a eu une petite réaction qui a coïncidé avec un relâchement de Montpellier. Ce qui est intéressant dans ces moments-là, c'est de ne pas baisser les bras. Sinon la note aurait pu être plus lourde. J'ai senti dans l'environnement, dans la presse, qu'on s'enflammait après nos victoires. Au niveau du vestiaire, j'ai essayé de ramener à la réalité. Dès qu'on perd deux matches on est bon à jeter aux chiens, dès qu'on en gagne deux on est les meilleurs. En dehors des résultats, il faut regarder les performances individuelles. Ce soir on a vu qu'on n'était pas vraiment à la hauteur.
Jérémie Janot : « A 2-1, on a repris espoir parce qu'avec des gars comme Bergessio on peut s'attendre à tout. Maintenant, le sort s'acharne un peu sur nous. On perd Dabo d'entrée et celui qui le remplace prend un rouge. Ensuite, Sylvain Monsoreau se fait mal aussi. Il manquait Sanogo, llan et on n'a toujours pas Loïc Perrin. Ca fait beaucoup. Ce sont quand même des joueurs majeurs sur lesquels on s'appuie. On a essayé de lutter. Dans la générosité, l'état d'esprit, il n'y a rien eu à nous reprocher mais, techniquement, on n'a pas su faire la différence à 11 contre 11. Après, Montpellier a très bien joué et a marqué dans sa période forte. Si on a perdu, c'est qu'on a failli quelque part. Il va falloir se ressaisir face à Valenciennes. Disons qu'à Saint-Étienne, c'est toujours un peu le problème : l'euphorie, l'impatience, la crainte. Il n'y a pas de juste milieu. On s'alarme vite, on s'enflamme vite. »
D.B et Y.V.


