La promesse d'un jeu offensif virevoltant fut tenue d'entrée, sur la base d'une grosse envie de part et d'autre de prendre le match en mains.
Les Verts, à la tête desquels on retrouvait Blaise Matuidi mais pas Dimitri Payet, à nouveau laissé sur le banc par Perrin, pressaient haut et Ilan, après avoir perforé dans l'entrejeu, décala parfaitement Augusto Fernandez sur la droite.
Mais l'Argentin dévissa sa frappe (2e). La réplique lorientaise fut cinglante. Elle trouva sa source dans une percée plein axe d'Amalfitano, crocheté par Tavlaridis à une vingtaine de mètres du but.
Le coup-franc frappé par Vahirua finit sa course dans la lucarne droite des buts de Janot (2e).
Ce but sonna l'hallali stéphanoise. Lorient se trouva alors face à onze soldats de plomb, incapables de leur barrer la route de leur but. Ça tournait à la démonstration alors qu'il y avait à peine cinq minutes de jeu. Le public grondait déjà, il n'était pas au bout de ces (mauvaises) surprises.
Les « Oranges » se baladaient et portaient l'estocade sans coup férir. Jérémie Janot, qui avait sauvé son but face à Vahirua, contré d'abord (6e) puis voyant sa reprise frôler le poteau gauche (7e) avant de repousser la reprise de Gameiro dut s'avouer vaincu à la suite d'un corner repris de la tête par Sosa, qui sautait plus haut que Varrault (17e).
C'était du grand n'importe quoi côté stéphanois. Pas d'envie, pas d'orgueil, pas un gars pour sonner la révolte. Les Verts étaient à la dérive, incapables d'amorcer le moindre mouvement.
Le souvenir de la déculottée de la saison dernière (4-1) traversait alors les esprits d'un public sous le choc devant tant de médiocrité.
Tandis que Blaise Matuidi, de nouveau blessé, quittait ses partenaires avant la demi-heure de jeu, Lorient choisit de contrôler la situation, ce qui donna la très vague illusion d'un sursaut stéphanois, matérialisé par une frappe de Landrin, contré par ...Tavlaridis. Tout un symbole...
Alain Perrin lança les mêmes dans une opération rachat bien problématique au vu du spectacle proposé en première période. Mais à qui échut la première occasion de ce second acte ? À Gameiro bien sûr, qui échoua face à Janot (52e).
Bergessio, réduit à l'exploit individuel, tenta sa chance. Son tir croisé frôla le poteau (56e). Ilan rabattit un coup de tête devant le but mais c'est encore Janot qui retardait le 3-0 devant Amalfitano (62e).
Il y avait tout au plus un regain de volonté dans les rangs stéphanois mais le poids d'une première période catastrophique collait aux chaussures des Verts.
Le constraste avec une équipe lorientaise qui jugulait avec sérénité les rares initiatives stéphanoises, y compris une frappe excentrée de Sako claquée par Audard (70e), était saisissant.
Le gardien lorientais fut encore efficace à la suite d'un centre puis d'un tir rasant de Sako (79e et 83e), dernières timides répliques stéphanoises d'un match à sens unique.
Les Verts sortirent sous les sifflets. Mais méritaient-ils autre chose ?
Yves Verrière

