« Un match pas banal »
Le gardien stéphanois évoque le derby avec une touche d'humour rafraîchissante
Jérémie, le derby a-t-il toujours une saveur particulière à vos yeux ?
C'est toujours un match à part pour l'environnement. Pour le club et les supporters. C'est le véritable derby en France en raison de la rivalité entre les deux villes. La suprématie régionale est remise en cause deux fois par saison.
L'ASSE n'a plus gagné un derby depuis quinze ans...
(Il coupe) Depuis que je suis là, vous voulez dire (rires). C'est vrai. Il y a eu la montée en puissance de l'Olympique Lyonnais qui a dominé le football français ces dernières années. Nous, nous avons connu pas mal d'affaires : des descentes, des remontées. Il y a eu la grande époque des Verts où on écrasait tout sur notre passage. Ça s'est inversé ces dernières années. Il y a 90 minutes pour redorer notre blason.
Est-ce le bon moment pour prendre Lyon qui a subi deux défaites de rang en championnat ?
Tout s'annule sur le derby. Quelles que soient les performances précédentes, ça va se jouer à la motivation, à la détermination. Dans un derby, tout ce qui s'est passé avant ne compte pas. C'est un match à part.
Votre expérience des derbys vous sert-elle à conditionner vos coéquipiers.
On en parle entre nous dans le vestiaire. Quand ils arrivent à Saint-Etienne, on ne leur parle que de ça et ils savent à quoi s'attendre. Ils connaissent son importance, en particulier de celui qui se dispute à domicile.
Il va y avoir Bafé Gomis en face.
On se connaît bien l'un et l'autre, alors l'avantage s'annule. Il est en pleine confiance, il marque des buts. On sait de quoi il est capable. On va tout faire pour le contenir mais l'OL possède une telle armada offensive avec Lisandro, Govou, Kallström, Pjanic. Bafé fait partie de ces dangers.
Compte tenu des difficultés défensives que vous rencontrez, cela ne vous effraie pas ?
Ce que je peux dire, c'est qu'en dix matches, on n'a pas jamais aligné la même défense. On sait que dans ce secteur de jeu, il faut des automatismes, des repères. Du coup, c'est très difficile. On ne va pas revenir sur nos blessés. Mais n'importe quelle équipe du championnat qui serait amputée de dix joueurs sur un laps de temps de deux mois, serait forcément handicapée. Prenez l'exemple de Bordeaux qui est venue chez nous en faisant tourner les cadres de son effectif, eh bien elle s'est inclinée.
On est dans cette situation depuis plusieurs journées. Nos meilleures performances, par exemple face à Monaco, coïncident avec un effectif au complet. On est extrêmement compétitifs quand tout le monde est là. Après, quand il y a dix blessés et que la défense est remaniée...
Entre le début du match à Montpellier et la fin de celui de Valenciennes, notre défense a changé six fois en raison des blessés, des cartons rouges. C'est quand même difficile.
Je touche du bois pour que l'on retrouve du monde.
Vous restez personnellement attaché à l'idée de derby. Mais est-ce encore vraiment le cas entre joueurs des deux camps ?
Évidemment, tout le monde se connaît. Je dois être le seul Stéphanois avec Loïc (Perrin) et du côté lyonnais, il doit y avoir Sidney (Govou). En fait, le derby se situe surtout au niveau de l'environnement, des supporters et des dirigeants. C'est l'évolution du football qui veut ça. Les gars restent un an ou deux dans un club. Certains le jouent même des deux côtés, c'est bizarre.
>>Vous avez eu des consignes de vos dirigeants à propos de ce match ?
Il faut casser des jambes et... Mais non, je plaisante. Non, non, après, il va y avoir le conseil de l'éthique. C'est juste à match à part, ça ne peut pas être... Venez un jour à Lyon avec moi pour entendre ce que je prends dans la tête. Ce n'est jamais un match banal, même s'il n'y a que trois points en jeu. Ce sont les Verts contre Lyon. C'est Le derby. »